| Cet Anversois aventureux fut le premier Belge à s'élever dans les airs aux commandes d'un avion en 1908. Il sera égallement le premier pilote Belge breveté, le 2 décembre 1909, par l'Aéro-Club de Belgique. Son palmarès aéronautique ne s'arrête pas là : médaille d'or du kilomètre en 1909, premier constructeur belge, premier moniteur de l'aviation militaire naissante, ..... la liste des « premières » tant en Belgique qu'à l'étranger, est exhaustive.
En 1907, le baron a commencé à s'intéresser aux « machines volantes » achetant un avion Voisin construit par les frères français du même nom. Le baron était un pilote amateur, pas un ingénieur qui conçoit ses propres machines. Il a commencé à gagner une certaine notoriété aux courses de Francfort où il avait surpassé Blériot en durée de vol et en altitude atteinte, gagnant le premier prix.
Entre 1909 et 1910, il effectuera de nombreuses démonstrations aériennes de par le monde. Il sera ainsi le premier aviateur à effectuer un vol à Istanbul et au Caire. Il ira même faire des démonstrations aériennes en Inde, aux côtés d'un autre aviateur belge, Jules Tyck et fera une tentative avortée en Grèce.
En lisant ci-dessous la description, tirée de journaux d'époque, des vols qu'il a faits à Istanbul et de sa tentative à Athènes, on comprend rapidement que ces démonstrations aériennes étaient une gageure vu la technologie primitive des avions de l'époque. 
« C'est pendant un mois de décembre 1909 froid venteux que le baron belge Pierre de Caters a piloté la première machine plus lourde que l'air au-dessus d'Istanbul, alors capitale de l'empire ottoman. Ces vols émerveilleront les milliers de spectateurs qui s'étaient réunis pour observer.
Le Baron de Caters est arrivé le 23 novembre, prévoyant de faire une démonstration de vol à Istanbul, sans aucun doute afin d'essayer d'être le premier à traverser le Bosphore. Pour ses démonstrations, il avait apporté deux avions pour un coût de 10.000 francs.
Dès son arrivée, il a obtenu toute l'aide nécessaire et a construit un hangar pour protéger sa machine à l'emplacement proposé pour la démonstration. La machine du baron était un biplan jaune canari. Dont le cockpit se trouvait situé entre les ailes Le moteur est un huit cylindres de 70 chevaux à hélice propulsive La vitesse maximale de l'avion était de 76 km/h . Il emportait 80 litres de carburant, ce qui était suffisant pour trois heures de vol.
Le 2 décembre, avant que le baron n'ait eu le temps de mettre sa machine en état de marche, le soleil était déjà levé. Aux alentours de midi, le baron sortit l'avion de son hangar et le pointe vers un champ s'étendant sur plus de 200 m . Sautant dans la machine, il mit le moteur en marche. Le bruit et les vibrations étaient si violents que les chevaux étaient terrifiés. En même temps, l'hélice créait des tourbillons impressionnants soufflant la poussière et la fumée haut dans le ciel et dans toutes les directions. Des vents violents ont commencé à souffler du sud-ouest, mais le baron a décidé de continuer. Sa machine a commencé à accélérer, ses roues restant au sol sur environ 20 mètres, avant de monter doucement dans l'air.
Le baron est monté jusqu'à une altitude d'environ 50 mètres avant de se diriger vers le sud-est, la direction du Bosphore. Un vent fort, cependant, l'a empêché d'accomplir beaucoup de progrès. Secoué par les vents, le baron a essayé de voler au sud-est jusqu'à ce qu'il s'écrase dans un pré à seulement 200 mètres de son point de départ. Il en est sorti indemne, mais son avion a été légèrement endommagé : principalement les roues et plusieurs cylindres du moteur. Une pale d'hélice a été enterrée dans le sol.
Deux jours plus tard, un dimanche, le baron était prêt pour une nouvelle tentative. Le temps était encore calme et printanier. A trois heures, de Caters sorti l'avion de son hangar, saute à son bord et accélère en dévalant le champ. Il s'est rapidement envolé, montant jusqu'à 50 mètres. Il a alors volé au-dessus de la foule enthousiasmée qui applaudissait.
Peu après son deuxième circuit, le baron s'est dirigé à l'ouest. L'avion est lentement descendu, disparaissant de la vue des spectateurs. Une des câbles de commande du gouvernail de direction s'était cassé et, incapable de diriger l'appareil, le Baron est lentement descendu dans la vallée. Il s'est heurté à un troupeau de moutons en atteignant le sol, brisant une aile.
A ceux qui lui demandaient s'il ferait un autre essai, il dit que ce ne serait pas possible, parce qu'il avait prévu de partir le mardi prochain. En effet, embarquant son matériel à bord d'un bateau, de Caters se rendra en Egypte.
Le 15 décembre, il deviendra le premier homme à voler dans ce pays, faisant plusieurs courts vols au Caire.Les vols au-dessus d'Istanbul, bien qu'étant une première, n'étaient pas des succès éclatants, durant au maximum quelques minutes.
de Caters passera quelques jours à Athènes, avec l'intention d'effectuer quelques vols de démonstration sur la plaine de Phaleron. Il en partira sans avoir effectué la moindre tentative, se heurtant à des difficultés liées au temps et à la situation politique (la police n'était pas disponible pour garder la foule au terrain d'aviation).
Malgré le temps défavorable, il n'y avait aucun abri pour sa machine en dehors d'une tente, qui sera en partie soufflée par le fort vent et endommagera l'avion. Sa demande d'un abri plus approprié s'étant trouvée sans la réponse, le baron de Caters, donc, décidé pour quitter l'endroit immédiatement. »
VOISIN "de Caters"
Dans les années '70, le musée de l'air a fait un échange avec la collection « Jean Salis », recevant les restes de la réplique du « Dalbert ». Cette réplique volante a été utilisée dans le feuilleton « Les faucheurs de marguerites », racontant les exploits fictifs du pionnier français de l'aviation « Dalbert » et de ceux, non-fictifs ceux-là de Ferber, Blériot et Santos Dumont.
Afin d'améliorer la manœuvrabilité du Voisin original, des ailerons avaient été inclus dans la réplique et le moteur n'avait aucun rapport avec un moteur d'époque. En dépit de ces améliorations, le Voisin « Dalbert » restait un avion « chaud » et ceux qui voleront à son bord se demanderont même comment les premiers aviateurs ont réussi à voler à bord des machines originales !
Le cockpit et nombre de composants de cette réplique étaient utilisables pour créer une réplique fidèle du Voisin « de Caters ». De plus, un moteur original ENV et une hélice étaient disponibles dans les réserves du musée. Le Voisin « de Caters » étant l'avion employé par le baron de Caters pour accomplir le premier vol officiel au-dessus de la Belgique en 1908.
Le travail a commencé en 2001 afin d'avoir l'avion prêt pour célébrer les 100 ans du premier vol par de Caters. Toute la boiserie des ailes de la queue a dû être refaite et le moteur remis à neuf. Pour accélérer le projet, le travail du bois et l'entoilage de l'avion ont été sous-traitée à l'ETS Poncelet pour le bois et à Firmin Henrard, bien connu pour ses restaurations de planeurs, pour l'entoilage.
La fabrication de cette réplique a suscité beaucoup d'intérêt, le « Voisin » ayant été employé pour beaucoup de « premiers vols » dans de nombreux pays, comme le premier vol en Australie effectué par le prestidigitateur Oudini. Ce projet a également permit à la très célèbre AELR, qui finance une partie du projet, de découvrir avec étonnement et stupéfaction le vrai coût d'une restauration. |